La preuve de la légitime défenses en droit français



On a un principe et deux exceptions. Le principe est que la légitime défense doit êtreprouvée.Souvent, le ministère public participe à rapporter la preuve de la légitime défense.
Il existe deux présomptions de légitimedéfensesprévues par l’article 122-6 du Code pénal : « est présumé́ avoir agi en état de légitimedéfenses celui qui accompli l’acte :
  1. Pour repousser de nuit l’entrée par effraction, violence ou ruse dans un lieu habité
  2. Pour se défendre contre les auteurs de vol ou de pillage exécutés avec violence ».
Ces deux exceptions existaient sous l’ancien code pénal et s’expliquaient pas la difficulté de preuve de la légitime défense et de la gravité des faits.
Le principe de ses présomptions n’a jamais vraiment été discuté. En revanche, on discutait de la force de ses présomptions.au 19ème siècle, il y avait des hésitations car on avait une vision sévère du droit pénal et un droit de propriété très important. Dans un arrêt de 1959 la CASS a estimé qu’il s’agissait d’une présomption simple, réfragable c’est-à-dire qu’elle peut être renversée. Il s’agit d’une affaire où le père d’une jeune fille avait tiré́ au fusil de chasse sur l’amant de la jeune fille alors qu’il grimpait à l’échelle pour la rejoindre dans sa chambre à l’étage. Il a invoqué l’effraction par la ruse. Le père avait invoqué une présomption irréfragable.
La question s’est posée aussi à propos des pièges à feu. C’est le cas d’une dame qui, pour protéger son poulailler, a installé́ un piège avec un fusil de chasse. Si la porte est ouverte sans défaire le piège, le fusil tire. La cour de Cassation fait application strictement de la présomption. Le poulailler n’est pas un lieu habité donc on n’applique pas la présomption ce doit être « un lieu habité ». Même si on est dans le cadre de la présomption, on pouvait prouver le contraire c’est-à-dire que ce n’était pas proportionné.

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