§1 : les
conditions de l’état de nécessité́
Il y a deux
conditions :
- un danger
- uneréaction.
A. Le danger
L’art 122-7 vise un « danger
actuel ou imminent qui vise soit meme autrui ou un bien ».
Le fait doit
être suffisamment grave pour justifier l’infraction.
Ce danger
doit être suffisamment grave, actuel ou imminent. La
jurisprudence est sévère, une crainte simple ne justifie pas une infraction. C’est la jurisprudence qui dit au cas par cas
ce qui est un état de nécessité.
Cela a été́
affirmé par la cour d’appel de Poitiers en 1997.Une
mère de famille qui a volé́ dans un supermarché́ pour nourrir ses enfants, sauf
qu’elle a volé́ des produits plutôt nobles (saumon fumé, foie gras). Elle s’arguait
qu’elle vivait très modestement, et marquer le coup à l’approche de Noël. Cela
aurait été́ une mauvaise incitation au vol selon les juges du fond, en considérant
qu’il n’y avait pas état de nécessité́. Il n’y a pas d’état de nécessité car
les produits n’étaient pas strictement nécessaires à sa survie. Il manque une situation de danger ce qui est le cas pour
l’affaire Ménard.
On a admis
l’état de nécessité́ à propos de quelqu’un qui avait causé un accident de la
circulation pour éviter de rouler sur une personne qui étaittombée par la porte
ouverte de la voiture. On a souhaité́ préserver la vie de quelqu’un qui était
tombé, il y avait un danger actuel, réel, sérieux.
On a admis
dans un arrêt du 27 juin 2002 par la cour d’appel de
Papeete, l’état de nécessité
pour un malade paraplégique, qui détenait des pieds de cannabis pour effectuer
des tisanes, constituant le seul moyen pour atténuer ses douleurs. Cela était
le seul moyen non nocif. Les juges du fond ont considéré́ que le danger étaitsuffisamment
actuel et sérieux.
B. La réaction
La réaction
face au danger doit êtrenécessaire
et proportionnée.
La nécessité́
peut concerner la sauvegarde de la personne, ou la sauvegarde d’un bien. L’état
de nécessité́ est admis lorsqu’il n’y avait pas de meilleure possibilité́ pour éviter
le péril actuel ou imminent. Ce qui caractérise l’état de nécessité́ est le fait que l’agent a le choix entre commettre
l’infraction et ne pas la commettre.
On choisit
consciemment, volontairement de commettre l’infraction parce que c’est en réalité́
la solution la meilleure. Il faut imaginer des intérêts en présence, où l’on
va sacrifier un intérêtau
nom d’un intérêtsupérieur ou égal selon le Code pénal. Dans la
contrainte il n’y a pas de choix. On admet l’irresponsabilité mais il n’y a pas
cette idée du choix.
Ex : un automobiliste rentre dans une autre voiture
car il fait une crise cardiaque. Il n’y a AUCUN choix.
La
Jurisprudence se montre exigeante dans la condition du choix. C’est le cas de l’affaire
José Bové́ du 3 septembre 1999. Le prévenu, agriculteur, s’étaitérigé
contre McDonald’s, et est allé́ en casser un en prétextant qu’il fallait manger
français, et a détruit un champ de plantes transgéniques appartenant à l’INRA faisant
des recherches sur la transgénèse. Il avait invoqué l’état de nécessité́.
Les juges du fond ont considéré́ qu’il n’était pas en état de nécessité́ aux
motifs que cet acte n’était pas nécessaire et qu’il existait d’autres moyens
pour lutter contre les plantes transgéniques, notamment lié au fait qu’il étaitmédiatique,
et que l’on pouvait plus évoquer le danger éventuelprésenté par ces plantes.
Il faut que l’acte soit proportionné
au danger. L’intérêt
préservé doit être supérieur ou égal à l’intérêt sacrifié. C’est le cas
lorsqu’on évite un accident corporel grave et qu’on cause des dommages
matériels. On peut estimer qu’il y a état de nécessité lorsqu’un automobiliste
évites un piéton et franchi une ligne blanche.
L’état de nécessité c’est assurer
une forme d’équité dans le droit mais il ne faut pas que celui qui invoque
l’état de nécessité soit à l’origine du danger.
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