L’état de nécessité est une cause objective d’irresponsabilité pénale.
Il fait disparaitre le caractère délictueux des faits. Il n’existe aucune
infraction, il n’y a donc aucune responsabilité pénale que ce soit pour
l’auteur ou le complice.
Quid de la responsabilité
civile ?
À propos de
la responsabilité́ pénale, l’état de nécessité́ est une cause objective d’irresponsabilité́
pénale. Une cause objective signifie qu’elle vient faire disparaitre le caractèredélictueux
ou infraction des faits. Aucune infraction existe sans responsabilité́ pénale,
ni en tant qu’auteur ni en tant que complice. Du point de vue pénal, les choses
sont très simples.
La question est plus délicate en matière
de responsabilité́ civile. En commettant l’infraction, on peut causer un
dommage à une victime qui n’y est pour rien dans l’infraction, ni dans l’état
de nécessité́.
Exemple: pour éviter un enfant sur la route, un conducteur
donne un coup de volant, rentre dans une vitrine du magasin, détruit la vitrine
et une partie des stocks. Le propriétaire du magasin est perdant, et il est
juste qu’il soit indemnisé.
Au regard de la responsabilité́
civile, la jurisprudence s’efforce d’indemniser les tiers malgré́ l’existence
d’un état de nécessité́. Il existe des situations faciles, où il arrive que
l’on puisse facilement concilier état de nécessité́ et responsabilité́ civile,
car, d’un point de vue civil, on recourt à des mécanismes de responsabilité sans
faute (arrêt de 1930).
On invoque des mécanismes de responsabilité́
sans faute de par l’arrêt Bertrand 1997,
et la loi du 5 juillet 1985.
On peut avoir recourt à la responsabilité
contractuelle : on peut retenir une convention d’assistance.
Exemple : dans l’hypothèse de quelqu’un qui est en train de se
noyer, quelqu’un saute du pont pour le sauver. Il abime ses vêtements, son téléphone.
On peut considérer que celui qui était dans l’eau s’est engagé́ à indemniser
celui qui l’a sauvé́.
Peut-on retenir une faute civile
à l’encontre de celui qui bénéficie d’une exonérationpénale ?
Selon les auteurs, on trouve des
avis différents. Selon Mr. BONFILS, il n’est pas choquant d’admettre une faute
civile lorsqu’il n’y a pas de faute pénale. Ce n’est pas choquant parce que
souvent la faute civile que l’on retiendra est involontaire, alors que la faute
pénale est volontaire.
Exemple : on est envélo, on cause un accident, il n’y a pas de
moteur, donc la loi du 5 juillet 1985 ne s’applique pas. On peut imaginer que
s’il n’y a pas de responsabilité́ pénale parce qu’il y a état de nécessité́, il
n’y a donc pas de faute pénale, on peut admettre une faute civile d’imprudence,
car l’on a causé́ involontairement un dommage.
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