La spécificité du droit commercial des contrats

§2 La spécificité du droit commercial des contrats.

Les commerçants sont attachés à une certaine rapidité et sécurité, c’est la double exigence du droit commercial des contrats. Cela conduit à assouplir un certains nombre de règles juridiques ;
1)      Une souplesse de principe du droit commercial des contrats
Pour assouplir les règles juridiques du droit des contrats civils, le droit commercial des contrats offre essentiellement 3 possibilités notables :
-          L’acceptation par le silence circonstancié :
En droit civil, vous acceptez une offre soit de façon expresse ou tacite mais cela doit être une manifestation de volonté. En droit civil le seul silence, ne vaut pas acceptation. En droit commun qui ne dit mot ne consent pas !
En droit commercial ont écarte parfois cette règle de principe.
Lorsque les parties se sont mises d’accord sur le principe du contrat, les modalités proposées ultérieurement  (par lettre de confirmation ou facture) pourront être considérées comme acceptées à raison du silence gardé par le destinataire de l’offre.
Idem si les parties sont en relations d’affaire continue. Une offre de renouvellement restée sans réponse, peut être considérée comme acceptée.
En fonction du contexte, compte tenu des relations des parties un silence peut valoir acceptation s’il est circonstancié.
-          La possibilité d’une réfaction :
Dans la vente commerciale, le juge reconnait le droit a une des parties de diminuer le prix dû par l’acquéreur en considération de l’inexécution partielle du contrat par le vendeur, notamment s’il y a insuffisance de qualité ou de quantité dans les marchandises vendues
En droit civil en cas de non satisfaction, on peut demander la résolution du contrat, réserver le prix, mais il faut saisir le juge.
En droit commercial les choses sont plus simples, car on peut d’autorité diminuer le prix versé au vendeur
En droit civil cette réfaction existe pour le contrat de mandat et d’entreprise, mais pas pour la vente.
-          La possibilité d’un remplacement :
C’est la possibilité pour un commerçant qui n’est pas livré des marchandises commandées de se procurer ces marchandises auprès d’un tiers et ensuite de se faire rembourser par son cocontractant défaillant.
En droit civil c’est prévu par 1144 mais cet article subordonne ce remplacement a une autorisation judiciaire préalable. En matière commerciale, l’autorisation judiciaire peut venir a postériori. Le remplacement peut se faire dans l’urgence.
                                             
2)      Les contraintes ponctuelles du droit commercial des contrats
La liberté des commerçants n’est pas totale, les commerçants peuvent créer de nouveaux concepts (ex la franchise) mais les commerçants sont soumis a des règles d’ordre public même si le droit des clauses abusives ne s’applique pas entre professionnels. Il y a certaines obligations impératives prévues par les textes. Il y a deux grandes séries de contraintes :
-          Les contraintes du droit de la concurrence. Trois exemples :
o   La pratique de la restitution des cuves dans les contrats d’approvisionnement exclusif de carburant qui ont été jugés illicites car portant atteinte au droit de la concurrence
Certains contrats d’approvisionnement exclusif de carburant prévoyaient qu’en cas de désir de passer à la concurrence, il fallait rendre les cuves. Cela représente des frais importants. Par cette clause le fournisseur de pétrole s’assurait de l’impossibilité pour le détaillant de changer de fournisseur.
Le droit de la concurrence a sanctionné l’utilisation de telles clauses.
o   Les clauses de non concurrence : elles sont soumises a certaines conditions notamment de proportionnalité pour qu’elle ne porte pas de façon trop importante atteinte au jeu de la concurrence
o   La théorie des facilités essentielles : théorie développée par les institutions communautaires. C’est la théorie selon laquelle une entreprise qui contrôle une facilité, (une infrastructure, un équipement, un produit, un service) qui la place en position dominante, peut être contrainte de permettre l’accès a un conçurent à la facilité dont elle dispose quant cela s’avère indispensable à l’exercice d’une activité sur un marché. Ici le contrat sera obligé.
Ex : installation portuaire : obligation de contracter avec les entreprises qui ont besoin de passer
Ex 2 : idem pour des Listing d’abonnés, ou pour l’accès a certains logiciels
Arrêt 12 juillet 2005 (JCP 2005 2° partie 10121) qui prévoit qu’un logiciel peut constituer une infrastructure essentielle. En l’espèce elle a considéré que ce n’était pas le cas car le concurrent pouvait développer un logiciel comparable dans des conditions économiques raisonnables.
Jugement du TPI des CE affaire Microsoft 17 jan 2007 : la société Microsoft a été condamnée par la commission européenne  a payer une amende car elle refusait de laisser des concurrents accéder à ses codes sources, on a jugé que cela renforçait la position dominante de Microsoft au risque d’éliminer la concurrence.
Microsoft de plus donnait un lecteur multimédia de façon gratuite et cela portait atteinte à la concurrence.
-          Les obligations légales spécifiques en matière contractuelle
On peut en distinguer 3 qui montrent que le droit commercial est assez contraignant:
o   La communication des conditions générales de vente :
Prévue par L 441-6 ccom : cet article prévoit que tout producteur prestataire de service (grossiste ou importateur) doit communiquer a tout acheteur de produit ou demandeur de prestation de service pour une activité professionnelle  ses conditions générales de vente si la demande lui en  est faite.
Les CGV est le socle de la négociation commerciale il y a :
§  Les conditions de ventes
§  Les barèmes de prix à l’unité
§  Les réductions de prix sur les volumes
§  Les conditions de règlement
Cela oblige une transparence. Celui qui refuse de fournir ses CGV risque une amende de 15 mille €. En 2005 la loi du 2 aout 2005 sur les PME a un peu modifié cet art L 441-6 ccom en précisant que ces CGV peuvent être différenciées par catégories d’acheteurs notamment entre grossistes et détaillants.
o   La rédaction par écrit des accords de coopérations commerciales
Art L 441-7 ccom :ce contrat de coopération commerciale est une convention par laquelle un distributeur ou un prestataire de service s’oblige envers un fournisseur a lui rendre à l’occasion de la revente de ses produits au consommateur des services propres a favoriser leur commercialisation et qui ne relève pas des obligations d’achat et de vente.
Ces accords doivent être obligatoirement rédigés par écrit pour éviter les abus.
Ils existent entre les distributeurs et fournisseurs ; ils consistent à prévoir toutes sorte de prestation que le distributeur va facturer pour mettre en avant le produit (mise en valeur du produit, assistante de dégustation, promotion des produits)
o   Obligation d’établir des factures
Cette obligation pèse sur les commerçants pour tous les achats de produits qui sont rendus pour une activité professionnelle.
Ces factures sont aujourd’hui utiles pour contrôler le seuil de la revente à perte.
La facture doit être établie en deux exemplaires dont un doit être remis au client.
L’administration fiscale ou la DGCCRF peuvent demander cette facture au commerçant ou a son client.
Il y a des mentions obligatoires :
§  Désignation des parties
§  Indication de la date
§  Prix unitaire
§  Condition de règlement et éventuellement la date de règlement
§  La possibilité d’un escompte en cas de règlement antérieur : un escompte : est lorsque l’on propose de faire une ristourne en cas de paiement comptant.
Les pénalités applicables en cas de retard de paiement
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