Les conditions de l’erreur de droit :
L’erreur sur le
droit n’est admise que si elle est invincible ou inévitable. Il faut, en outre,
que l’auteur ait cru dans la légitimité de son acte.
A. L’invincibilité
de l’erreur :
Conception stricte
de l’invincibilité : L’erreur
n’est une cause d’irresponsabilité que si elle est invincible (ou inévitable).
Les débats
parlementaires envisageaient deux exemples :
-
Celui
d’une information erronée donnée par l’administration
-
Celui
de l’absence de publicité de la loi
En fait, la
jurisprudence se montre des plus exigeantes, et la plupart des décisions
rendues en la matière rejettent l’erreur sur le droit précisément en raison
d’absence d’invincibilité (Cass
crim 13 mai 2003 et Cass crim 28 juin 2005, Cass crim 29 juin 1999).
Admissibilité
de l’erreur sur le droit : Si les CA
ont dans l’ensemble une conception un peu moins stricte de l’erreur sur le
droit, la chambre criminelle de la Cour de Cassation ne l’admet que de
manière très exceptionnelle.
Elle a ainsi retenu
l’erreur sur le droit dans le cas d’une information erronée donnée par
l’administration à propos de la question du temps de travail. En l’espèce,
le prévenu avait appliqué les clauses d’un accord professionnel élaboré sous
l’égide d’un médiateur désigné par le gouvernement et faisant référence au Code
du travail (Cass crim 24
novembre 1998).
La Cour de Cassation
a également retenu l’erreur sur le droit à propos d’une attestation
judiciaire remise au prévenu, qui l’avait conduit à commettre l’infraction
(Cass crim 11 mai 2006).
En l’occurrence, le prévenu était poursuivi pour avoir conduit sans permis,
après avoir perdu ses points. Il invoquait pour sa défense une attestation qui
lui avait été remise par un agent de police judiciaire agissant conformément
aux instructions du vice procureur de la République, selon laquelle la
situation administrative du prévenu était parfaitement régulière.
La Cour de Cassation
a admis l’erreur sur le droit : une information erronée donnée par un
policier sur instructions d’un vice-procureur constitue une erreur invincible.
B. Croyance dans la
légitimité de l’acte :
Conception stricte : Le CP exige aussi, pour que l’erreur
soit reconnue comme cause d’exonération, que l’auteur de l’infraction ait cru
dans la légitimité de l’acte qu’il accomplissait. Cette exigence est, là
encore, appréciée strictement. Dès lors qu’un doute existe, l’erreur sur le
droit ne peut être retenue. Cela suppose une croyance totale dans la légitimité
de l’acte, et même dans la légitimité de la totalité de l’acte.
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