Le
principe de généralité relatif à la responsabilité des personnes morales :
Mais qu’est-ce qu’une personne morale ?
Une personne
morale est un groupement ayant une existence juridique lui conférant à ce
titre des droits et des obligations. Elle se voit notamment attribuer un
patrimoine propre, un nom, un domicile ainsi que la capacité
d'agir en justice ou de conclure des contrats (pour acquérir des biens
meubles ou immeubles par exemple). La personne morale est une entité juridique
à part entière : elle est distincte des personnes physiques ou morales qui
l'ont créée. Elle dispose de la capacité juridique c’est-à-dire qu’elle peut
même ester en justice. Il existe des personnes morales de droit privé
(SAS, SA, SARL, Associations) et des personnes morales de droit public
(hôpitaux, universités etc).
La personnalité juridique pour une personne physique
s’acquiert à la naissance, et meurt avec elle lors de son décès. Mais qu’en
est-il pour les personnes morales ?
.
Pour les
personnes morales c’est plus compliqué. La personne
morale acquiert la personnalité juridique (morale) dès lors de sa création.
Mais lorsqu’une infraction est commise alors qu’elle est en cours de
création, comme elle n’existe pas, ce sera la personne physique qui
a commis matériellement les faits qui sera responsable. Pour qu’une personne
morale ait la capacité juridique, il faut qu’elle soit enregistrée le plus souvent au registre du
commerce et des sociétés (à vérifier).
Quid en cas d’absorption ou de fusion d’une personne
morale ?La
nouvelle personne morale est-elle responsable ? (Fusion).
L’opération
de fusion ou d’absorbation entraine la dissolution de l’une des personnes
morales et donc la disparition de la personnalité
morale. Or l’article 121-1 prévoit
que « nul
n’est pénalement responsable que de son propre fait », il n’y a pas de responsabilité du fait
d’autrui. La personne morale restante ne peut pas être responsable de la
personne morale disparue.
CASS 20 juin 2000 et 14 oct2003 :
cette situation peut
paraitre gênante et il peut avoir un risque de fraude.
CJUE du 5 mars 2015 : adopte une solution différente que
la JP française. Le chef d’une infraction peut être transféré à la société
absorbante (puisqu’elle recueille l’actif et le passif de la société absorbée).
La première
critique qui pourrait être apportée à cette solution de la CJUE, c’est qu’une amende contraventionnelle
n’est pas forcément une sanction pénale dans plusieurs pays. Ex :
en Russie, une amende contraventionnelle relève de la responsabilité
administrative.
D’autre part,
cet arrêt est un arrêt
isolé de la CJUE, et la JP n’est pas forcément constante.
En 2018,
la CASS est revenue
après cet arrêt de 2015 de la CJUE pour réaffirmer le principe de
personnalité de la responsabilité pénale et pour interdire qu’une société
absorbante soit tenue responsable pour les faits de la société absorbée.
Les personnes morales sont-elles toutes responsables
pénalement ?
Il existe des
limitations quant à la responsabilité des personnes morales. Ces limitation
sont prévues à l’art article 121-2 du
code pénal. En effet, les CT et leurs groupements ne sont pas responsables
pénalement sauf dans le cadre d’activités susceptibles d’être délégués par une
convention de délégation de service pub.
Une CT peut
gérer deux sortes d’activités :
- des
activités régaliennes : ces activités nesont pas délégablescar
obligatoires (dans la commune la gestion de l’état civil) => pas de responsabilité
pénale
- et les autres
activités (non régaliennes) : celles qui ne relèvent pas forcément
d’une collectivité territoriale et qu’elles décident de prendre en charge. Ces
activités peuvent faire l’objet d’une délégation de service pub. Ex :
gestion d’un domaine skiable par une commune. => il peut y avoir une
responsabilité pénale
Certaines
activités ne sont pas délégables notamment en matière de police administrative
et de transports scolaires...
L’état est aussi irresponsable pénalement. C’est la loi qui le prévoit.
Mais pourquoi l’état est-il irresponsable
pénalement ?
Il est jugé
irresponsable pénalement tout d’abord parce que la peine des personnes morales
est l’amende, or l’amende
est versée à l’état.
La deuxième
raison est symbolique, il est un peu problématique de condamner l’état
lui-même. Cette argument peut sembler controversé puisque la responsabilité
administrative peut revenir à condamner l’état.
Finalement,
les juges sont payés par l’état et il faudrait alors qu’il condamne alors leur
« employeur », il y aurait donc une sorte de « conflit
d’intérêt ».
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