L’exercice des droits de la défense en droit français



C’est une cause d’irresponsabilité́ pénale d’origine prétorienne récenteet assez proche de l’état de nécessité́. Il arrive parfois que l’on soit amené́ à commettre une infraction pour pouvoir se défendre en justice (pas làlégitimedéfense). Elle a été́ admise pour des vols de documents appartenant à un employeur par un salarié.
Exemple : des courriers adressésà l’employeur pour féliciter le salarié, primes de salaries, résultats.
Si le salarié en fait une photocopie pour se préserver à l’avance les preuves de sa bonne foi, compétence, sérieux, brève pour se défendre. Le problème est que, juridiquement, ces photocopies sans l’autorisation de l’employeur constituent un vol.
La soustraction même temporaire de documents appartenant à l’employeur constitue un vol. Le vol par photocopie intervient pour se défendre et prouver sa bonne foi.
Les jurisprudences sociales et pénales se sont opposées quelques temps sur cette question. La chambre sociale de la CASS admettait que les éléments de preuve obstenu par le salarié par ce vol pouvaient être valablement utilisés en justice. Mais d’un autre côté, la chambre criminelle retenait le vol.
La chambre criminelle a fini par admettre l’exonération par des arrêts du 11 mars 2004 de celui qui avait soustrait des documents appartenant à l’employeur dès lors qu’il a eu connaissance de ses documents dans l’exercice de ses fonctions et qu’ils étaient strictement nécessaire à l’exercice des droits de la défense dans le cadre d’un litige l’opposant à son employeur.
Elle a précisé́ qu’il fallait que les documents soient parvenus à la connaissance du salarié dans le cadre de l’exercice de ses fonctions, et surtout il faut que « ces documents soient strictement nécessaires à l’exercice de sa défense dans le litige » qui l’oppose à son employeur.
La Cour de cassation a précisé́ les domaines et les conditions de cette cause d’irresponsabilité́. Eu égard au domaine, ce fait justificatif est né en matière de vol, mais on l’a aussi appliqué à la violation du secret professionnel, ou encore en matière de violation du secret d’instruction.
Exemple : avocat suspecté d’agir commis une infraction qui en fait a été́ commise par son client. S’agissant des conditions, la jurisprudence exige que l’infraction ait été́ strictement nécessaires à l’exercice des droits de la défense.
Exemple : on admet que le salarié puisse soustraire temporairement des documents à son employeur pour assurer sa défense au prud’homme. La jurisprudence refuse d’exonérer le vol du salarié lorsque ce vol est destiné́ à prouver la vérité́ de faits diffamatoires dénoncé contre son employeur.
L’exercice des droits de la défense existe pour se défendre mais pas pour attaquer.

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