Les sources supranationales du droit du travail

 

A) Les sources supranationales

 

1. Les normes adoptées par l’ONU

 

Quand on évoque ces sources onusiennes, il y a bien évidemment les sources du droit de l’organisation internationale du travail, organisation qui dépend de l’ONU mais aussi des textes internationaux importants que sont les pactes de l’ONU de 1966. 2 pactes :

- le pacte international des droits de l’Homme et du citoyen

- le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

 

Il se peut parfois qu’il y ait un juge inventif qui vienne puiser dans ces sources internationales mais cela reste assez rare.

 

Les sources les plus significatives sur le plan onusien concernent les sources adoptées dans le cadre de l’organisation internationale du travail (OIT) qui siège à Genève mais qui a différentes représentations dans les différentes régions du monde. L’OIT en droit du travail joue à la fois un rôle majeur et singulier. C’est une des plus anciennes organisations internationales crée en 1919 dans le cadre de la société des nations, à l’issu de la 1ère GM dans une annexe du traité de Versailles. Une des grandes idées de cette époque était qu’il fallait que sur le plan économique et social, il puisse exister une organisation qui fasse converger les pays dans leur lutte contre les exclusions sociales, la pauvreté et donc pour combattre les déficits de la répartition des richesses quelques soient les systèmes politiques pratiqués par les états. Le travail a été placé au cœur des discussions internationales et grande division de conceptions entre d’un côté les états qui adhèrent à l’économie de marché et de l’autre, l’avènement à la suite de la révolution bolchevique de l’Union soviétique (1917) qui était fondé sur l’idée selon laquelle l’État bourgeois devait disparaitre au profit des prolétaires (la dictature du prolétariat). Une des grandes particularités de l’OIT a été de constituer une organisation fondée sur le tripartisme, c’est-à-dire que cette organisation est composée à la fois de représentants des salariés ou des travailleurs mais également des représentants des employeurs et enfin les représentants des gouvernements sans exclusion (même ceux qui venaient du bloc de l’est ou de pays totalitaires).

 

Ce modèle tripartite se retrouve à toutes les strates de cette organisation, à la fois au sein de la conférence internationale qui est le parlement de l’OIT, à la fois au sein du conseil d’administration qui vient donner … jusque dans le fonctionnement du bureau international du travail qui est l’organe administratif de cette institution. Cette organisation internationale compte aujourd’hui 187 états membres et son mode de fonctionnement, de production du droit, relève du droit international public mais naturellement cela avait des incidences doctrinales, sur la législation mais aussi sur la jurisprudence des états membres.

 

Quelles sont les normes adoptées dans le cadre de l’organisation internationale du travail ?

 

D’abord, il y a ce que l’on appelle les recommandations. Les recommandations sont des normes souples qui invitent les états à adopter telle ou telle politique, qui donnent des solutions techniques à ceux-ci. Forme de management international.

 

Il y également les déclarations. Elles sont des normes générales qui ont vocation à réaffirmer la volonté politique des états membres et dans certains cas, ces déclarations peuvent engager des états même si leurs représentants de les ont pas votées.  Ex : Déclaration relative aux droits fondamentaux du travail en 1981 qui a indiqué que tous les états membres de l’OIT devaient être liés par les conventions dites fondamentales quand bien même elles n’avaient pas été ratifiées par ces états. ex : liberté d’association, de négociation collective, interdiction du travail forcé, la non-discrimination, la lutte contre le travail des enfants.

Autre déclaration (2008) qui a appuyé sur les conventions dites de gouvernance, c’est-à-dire les conventions qui portent sur les politiques de l’emploi et l’inspection du travail. Il faut que les états adoptent un système qui permette le contrôle du travail dans leur système de droit.

 

Il y a aussi les conventions OIT. Elles sont adoptées à la suite d’un long processus au sein de la conférence internationale du travail et ensuite, elles existent dans le système normatif pour l’OIT, mais elles n’entrent en vigueur dans l’ordre juridique international qu’à partir du moment où un certain seuil de ratification par les états est atteint. Ce seuil est généralement précisé dans la convention elle-même. Une fois que la convention OIT est ratifiée, il incombe aux états membres de transposer le texte international dans leur ordre juridique (transposition législative ou réglementaire). Souvent, les conventions OIT utilisent des termes suffisamment larges pour que les états aient une marge d’appréciation pour transposer le texte international. Toute l’originalité des conventions OIT est qu’on est ici en présence d’une norme internationale hybride entre le contrat, le contrat-loi et le contrat-traité. Leur influence dans les ordres juridiques internes va varier selon les états.

 

La France est un pays qui ratifie de façon exemplaire les conventions OIT, ce n’est pas le cas des autres pays (ex : les USA privilégient le droit constitutionnel fédéral).

 

La jurisprudence peut jouer un rôle dans la façon dont ces normes internationales peuvent être réceptionnées dans l’ordre public.

 

En France, on de grands débats sur la question de l’applicabilité directe ou pas des conventions OIT. La plus emblématique est la convention 158 relative au droit du licenciement. La jurisprudence de façon assez ambiguë tend à considérer que cette convention possède pour certains de ces articles un effet direct qui permet de procéder à un contrôle de conventionalité. L’affaire la plus emblématique sur le sujet est celle qui concerne le contrat de nouvelle embauche qui été un dispositif qui avait été imaginé en 1995 pour favoriser les recrutements. L’idée était qu’au profit des PME, les employeurs pouvaient se prévaloir d’une période de consolidation du contrat de travail pendant laquelle ils pouvaient rompre le contrat sans motif pendant une période de 2 ans, cela pour permettre aux petites entreprises d’ajuster le recrutement de la main d’œuvre en fonction de leurs besoins : outil extrêmement flexible. Ce contrat nouvelle embauche a fait l’objet de grandes manifestations en France d’autant qu’il avait pour prolongement un contrat nouvelle embauche au profit des jeunes de moins de 25 ans. Ce dispositif qui existait depuis l’ordonnance de 1995 a été jugé contrainte à la convention OIT 158 qui prévoit que le licenciement doit reposer sur les motifs valables ….

 

La cour de cassation a ensuite prolongé ce raisonnement notamment en 2012 pour déclarer que les périodes d’essai prévues par les clauses de convention collective … notamment dans le secteur bancaire, il y avait des clauses de période d’essai d’1 an. Parmi les derniersdéveloppements en la matière, il y a des avis rendus par l’assemblée plénière de la Cour de cassation en date du 17 juillet 2019 qui portent sur les barèmes Macron. …

 

Pour l’instant, la Cour de cassation ne s’est pas encore prononcée et sa formation pour avis prône un avis pour indiquer que si les dispositions de la convention 158 peuvent être invoquées en matière .., il n’empêche que ces dispositions sont suffisamment évasives pour laisser une marge d’appréciation au législateur. La Cour de cassation en conclut en l’espèce que le législateur français n’a pas méconnu la marge d’appréciation que lui avait laissé la convention OIT 158.

à Contentieux conséquent autour de la convention OIT 158

D’autres conventions OIT font l’objet de contentieux judiciaire comme la convention OIT n°106 relative au travail dominical, la Cour de cassation s’est prononcé dans un arrêt de novembre 2018 à propos d’un texte interne qui généralisé le travail dominical dans le domaine de l’ameublement. Cette convention impose en principe aux états qui souhaitent déroger au principe du repos hebdomadaire pratiqué dans leur système juridique d’inviter les partenaires sociaux à négocier sur le sujet. La loi devrait être précédée d’une séance de négociation collective au niveau interprofessionnel. La Cour de cassation va considérer que cette exigence ne mérite pas d’être prise en compte parce que le fonctionnement des institutions législatives relève du droit constitutionnel, or, il n’y a aucun article de la constitution qui impose au législateur de faire précéder ces lois d’une négociation collective et surtout, la Cour de cassation estime qu’il ne lui revient pas d’exercer un contrôle de conformité entre la Constitution et une convention internationale. Pour prolonger son raisonnement, elle va jusqu’à se ..sur un rapport émis par un comité d’experts de l’OIT pour en déduire que de surcroit, l’OIT admet que pour des raisons économiques et sociales, les dérogations au repos dominical puissent être adoptées voir multipliées.

Le droit international est souvent instrumentalisé par les ..qui ont compris tout l’intérêt qu’il y avait à inviter le juge à .. en utilisant les .. internationaux.

 

2. Les normes européennes

Il convient de distinguer le droit du Conseil de l’Europe et le droit de l’UE.

 

a) Le Conseil de l’Europe

 

Le conseil de l’Europe (47 États membres) siège à Strasbourg et la source principale est la Convention européenne des droits de l’Homme et de sauvegarde des libertés fondamentales. Cette convention a été signé en 1950, ratifiée en 1974. La particularité de ce texte fondamental est principalement orientée sur les droits civils et politiques mais cette norme dite générale ne doit pas masquer le fait qu’il existe aussi des textes spéciaux, des normes spéciales qui concernent la matière sociale.

 

- L’influence de la CEDH en droit du travail : cette convention a progressivement été appliquée à la matière sociale et a permis à des travailleurs qui invoqué les droits civils et politiques d’aller jusque devant la Cour de Strasbourg pour faire condamner la France et obtenir ainsi une satisfaction équitable (dommages et intérêts). La Cour de Strasbourg n’est pas une cour suprême et n’a pas vocation à être un 4ième degré de juridiction pour nous. Ses arrêts ont vocation à annuler ou réformer les décisions de la Cour de cassation française ou du CE, mais … pour vérifier si notre pays est en conformité ou non avec la CEDH. Il y a au sein même de la CEDH des textes qui vont nécessairement avoir une résonnance dans les relations de travail.

 

Ex : la Cour de Strasbourg s’est fondée sur l’article 2 de la CEDH (droit à la vie) pour critiquer un état membre qui n’avait pas permis aux ayant droits d’une victime d’un accident du travail (décédée) de mettre en cause, de déposer plainte au pénal pour cet accident du travail.

 

Bien évidemment, il y a des textes plus évidents que l’on peut avoir à l’esprit en matière sociale comme l’interdiction du travail forcé prévue par l’article 4 de la CEDH. La Cour de cassation n’hésite pas à se référer à ce texte pour prendre des décisions fortes et symboliques.

 

Ex : décision du 3 avril 2019 qui a considéré que la victime d’une famille qui avait conservé les papiers d’identité de cette personne était tout à fait en droit d’obtenir des dommages et intérêts pour l’ensemble du préjudice qu’elle avait subi sans qu’on s’interroge sur la question de savoir si sa situation relevée ou non de l’existence d’un contrat de travail en se fondant sur l’article 4 de la CEDH.

 

L’article 8 qui concerne la vie privée et à cet égard c’est un texte qui est régulièrement évoqué.

 

Ex : décision de la Cour EDH de 2017 qui concerne la Roumanie, arrêt Barbulescu. La grande chambre s’est positionnée en contredisant la formation restreinte pour imposer aux juges nationaux d’adopter une méthode précise lorsque le juge doit apprécier la légalité d’une surveillance électronique pratiquée par l’employeur.

 

L’article 11 porte sur la liberté d’association et la liberté syndicale. Dans une décision de 2008, la Cour a considéré que le droit de négocier collectivement est un droit qui découle naturellement de la liberté syndicale.

Ex : Arrêt DéméDébékara (Turquie)

 

…. C’est en matière judiciaire où dès le début des années 2000, dans l’affaire dite Delgado, la Cour européenne des droits de l’Homme a appliqué l’article 6 (droit au procès équitable) au litige du droit du travail, elle a considéré que les litiges du travail relevant de la matière civile au sens de l’article 6 devaient recevoir l’entière protection de ce texte. La Cour de Strasbourg a considéré qu’au regard de la nature particulière des litiges du travail, les décisions devaient être rendues avec une célérité particulière.

 

Par ailleurs, il y a au niveau du système européen, un code européen de la sécurité sociale de 1964 qui a pour ambition d’être obligatoire pour les états membres mais pas directement invocables par les particuliers afin de poser les bases communes en droit de la sécurité sociale. Ce code a le mérite d’exister mais il est largement de deçà en termes d’exigence de ce qu’impose le droit de l’UE notamment en matière de coordination des régimes de sécurité sociale.

 

Il y a aussi la Convention européenne relative au statut du travailleur migrant qui date de 1977 mais aussi la Charte sociale européenne qui a été signée en 1961 et révisée en 1996 (Charte sociale européenne révisée), ce qui a permis d’organiser un système de recours indirect au profit des associations professionnelles ou des syndicats professionnels auprès de l’organe de contrôle qu’on appelle le Comité européen des droits sociaux. Cette charte sociale européenne pose un nombre significatif de droits sociaux et c’est en quelque sorte la sœur jumelle de la CEDH mais elle ne bénéficie pas d’un organe juridictionnel.

 

Techniquement parlant, le Comité européen des droits sociaux n’est pas une juridiction et à l’opposé, la Cour de Strasbourg n’a pas la vocation historique de faire appliquer la Charte sociale européenne. Le Comité européen des droits sociaux, en tant qu’organe de contrôle, va être saisi soit par des états membres soit par des organisations professionnelles. Il est à noté que cet organe fonctionne sur la base de rapports qu’il va demander aux états membres pour justifier de l’état de leur législation et quand il est saisi d’une plainte, il va adopter une décision qui va conclure à la conformité ou à la non-conformité de la loi critiquée, décision qui va être transmise au Comité des ministres et c’est ce comité qui va valider ou non la décision du Comité européen des droits sociaux = jeu diplomatique. Il va de soi que le Comité européen des droits sociaux a plusieurs fois été saisi de dispositions qui concernent la France et permis ces décisions les plus remarquables qui ont ensuite influencé la jurisprudence française, il y a celle relative aux forfaits jour.

 

Forfait-jour : système qui permet aux entreprises, qui concluent des accords collectifs en ce sens, d’identifier des salariés et qui vont voir leur durée de travail non pas calculée en heures mais en jours sur l’année. Plusieurs fois, le Comité européen des droits sociaux a estimé que le système français ne permettait pas de garantir une durée de travail raisonnable. Cela a conduit la France à ajuster au fur et à mesure cette réglementation relative au forfait jour.

 

Le grand débat actuel est de savoir si les dispositions de la Charte sociale européenne sont d’application directe en droit interne et la jurisprudence n’est pas claire à ce sujet. En 2017, le CE en référé a été amené à devoir apprécier si l’ordonnance instituant le barème Macron était conforme à l’article 24 de la Charte sociale européenne. L’article 24 est rédigé de la même façon que l’article 10 de la convention OIT 158, en cas de licenciement injustifié, l’État doit garantir une réparation adéquate et une indemnisation appropriée. Le CE a considéré que le barème ne portait pas atteinte à l’article 24 de la Charte, cela sous entendait que le barème avait un effet direct vertical opposable à l’État. La Cour de cassation dans ses avis du 17 juillet a considéré que cet article 24 de la Charte sociale européenne ne pouvait faire l’objet d’une application directe entre particuliers, donc pas d’effet horizontal. Cela veut dire qu’un salarié qui va assigner en justice son employeur et qui va recevoir une indemnisation qu’il estime insuffisante ne devrait pas pouvoir invoquer les dispositions de la Charte sociale européenne. Certains auteurs ont considéré qu’en se positionnant ainsi, la Cour de cassation a voulu se positionnée avant le Comité européen des droits sociaux.

 

Le droit du Conseil de l’Europe est un droit qui est utile dans l’argumentation judiciaire et juridique. Il exerce une très forte influence en droit interne et notamment en droit judiciaire.

 

b) Le droit de l’UE

 

Le droit de l’UE est un droit qui est très important en droit social et on peut le préciser en plusieurs temps. Il s’agit du droit construit au sein de l’Union européenne et qui témoigne du fait que l’Union européenne ne s’intéresse pas qu’à la libre circulation des capitaux et des marchandises et aux titres des grands principes constitutionnels de l’UE, il y a le principe de la libre prestation de services et la liberté de circulation des travailleurs au sein de l’UE.

 

Cadre normatif européen s’agissant des normes fondamentales

 

Les grands principes directeurs du droit de l’UE sont inscrits dans le TUE et le TFUE. On peut relever que les articles 151 et suivants du TFUE comprennent des dispositions qui font référence à des droits sociaux, est évoqué le souci d’égalisation des droits dans le progrès et est rappelé que parmi les principes fondamentaux existe un principe d’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes que la jurisprudence de la Cour de justice de l’UE fait respecter puisque la Cour de justice a une conception large de la notion de rémunération. Il est d’ailleurs remarquable de relever que notre Constitution (article 88-1) rappelle qu’elle reconnait l’ordre juridique européen et la transposition des directives est une obligation.

 

Ce droit est également enrichi de textes fondamentaux qui ont une forte valeur matricielle. Parmi ces textes majeurs, nous avons la Charte communautaire des droits sociaux fondamentaux (1989), la Charte des droits fondamentaux de l’UE (2000), qui depuis le Traité de Lisbonne fait partie du traité, contient des principes qui concernent des droits sociaux (ex : non-discrimination) et à cela s’ajoutent des éléments extrêmement importants qui complètent ce dispositif : les principes généraux du droit communautaire qui sont dégagés par la Cour de justice de l’UE tel que la non-discrimination, sur le droit de grève et plus récemment a été adopté en 2017 le socle européen des droits sociaux. Ce socle pose une 20aine de grands principes applicables en matière sociale, il se rapproche d’une déclaration mais nul doute que c’est un texte qui va avoir une grande influence dans les politiques de l’UE.

 

Distinction entre règlement et directive

 

Il y a en matière sociale des règlements ou des directives qui sont très importants. En principe, le règlement a une vocation qui consiste à imposer du droit uniforme (règles de fond, règles de procédure), ce qui veut dire que si le texte est suffisamment précis, il n’est pas nécessaire que dans les états membres soit adopté un acte de transposition. Ex : RGPD a fait l’objet d’une loi d’adaptation en droit interne.

 

Exemples de règlements européens importants en droit social :

 

- En matière de coordination des régimes de sécurité sociale : 1971 révisé en 2004 puis en 2009, texte important pour rendre effectif la libre circulation des travailleurs.

Il ne vient pas imposer un régime de protection social unique en Europe mais un régime de protection social qui permet de coordiner entre eux les différents régimes.

- En matière de procédure, règles uniformes posées par des règlements, notamment pour le règlement de 2008, conflit de droit et le conflit de juridiction en 2012. Ces règlements permettent d’avoir les mêmes règles de détermination de la loi applicable et les mêmes règles de désignation du juge compétent.

 

Les directives non pas vocation à créer du droit uniforme, le but d’une directive en principe, c’est de permettre une harmonisation progressive des droits nationaux. Elles vont lier les états quant au résultat à atteindre. A ce titre, les états vont avoir l’obligation de transposition, cette obligation découle à la fois des traités constitutifs (TUE, TFUE) mais également d’une obligation constitutionnelle (article 88-1). Il n’empêche qu’au moment de la transposition, l’État va avoir le libre choix de la forme et des moyens sous réserve de ne pas adopter une réglementation moins favorable. Les directives peuvent autoriser leur transposition par voie d’accords collectifs.

 

Exemple : directive relative au comité européen, les textes de cette directive ont fait l’objet de transposition par voie d’accord collectif.

 

Dans la Cour de justice de l’UE, il est possible d’exercer un recours en manquement et la Cour européenne peut condamner le pays à verser des dommages et intérêts voir à forcer l’État membre à adopter des textes adéquats en prononçant une astreinte. (France condamnée 1999 défaut de transposition)

Par ailleurs, lorsque la directive est suffisamment précise, au-delà du délai de transposition, cela peut permettre aux juges nationaux de lui reconnaitre un effet direct.

 

Quelques directives importantes en droit du travail

 

Le droit du travail est particulièrement couvert par des directives importantes, directives sur les licenciements au motif économique, sur les transferts d’entreprise, sur l’aménagement de la durée du travail (2003), relative à la santé au travail (1989), etc.

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